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Partie 1
Incidences sur la biodiversité
 

 

Croissance démographique, surconsommation et technologie

I = PAT

On définit souvent l'impact sur l'environnement comme l'effet de la population x abondance x technologie

Population: La croissance de la population humaine exerce une influence profonde sur l'environnement. En termes simples, la surpopulation signifie qu'il y a plus de gens qu'il n'y a de ressources pour subvenir à leurs besoins. Pratiquement tous les problèmes d'environnement auxquels nous sommes confrontés de nos jours peuvent être attribués à l'augmentation de la population de la planète. Aujourd'hui, la Terre compte 6 milliards d'êtres humains; moyennant un taux de croissance planétaire annuel de 1,8 %, trois nouvelles âmes viennent s'ajouter à cette population chaque seconde. Cela représente une hausse de près de 60 % depuis 1970 et de plus de 150 % depuis la Deuxième Guerre mondiale. (Miller, 1992)

Abondance: Parallèlement, le globe connaît un taux de croissance économique annuel de 2,7 % depuis trois ans. L'abondance est un problème car plus elle augmente, plus le taux d'utilisation des ressources par tête d'habitant est élevé. Moins de 20 % de la population contrôle 80 % des richesses et des ressources du globe. Le haut niveau de vie qui va de pair avec l'augmentation de la production et de la consommation de biens est la principale cause de pollution et de dégradation de l'environnement. (E.O. Wilson, 1994)

Nous analysons les principales causes de ces problèmes et l'effet qu'elles ont sur les processus et les mécanismes qui conservent la biodiversité. Il va sans dire que ce tour d'horizon ne peut être que superficiel. Les problèmes de surpopulation, de surconsommation, de développement et d'industrialisation sont étroitement mêlés et leurs causes ne sont pas uniques ni simples.

Conséquences du rapport entre l'activité humaine et la biodiversité:
Incidences

Il n'est pas toujours facile d'attribuer à une seule cause la dégradation des écosystèmes naturels. La présence humaine dans l'écosystème des Grands Lacs illustre on ne peut mieux ce phénomène. Les Grands Lacs drainent 20 % des réserves d'eau douce de la planète. En dépit de sa taille importante, la biodiversité de l'écosystème des Grands Lacs est menacée pour diverses raisons. Quarante pour cent de la population du Canada vit dans le corridor Québec-Windsor (qui divise le bassin hydrographique) et la plus forte densité d'activité industrielle Les Grands Lacsen Amérique du Nord est concentrée le long des rives des lacs Michigan, Huron, Érié et Ontario, ce qui explique la pollution à grande échelle de l'eau, de l'atmosphère et du sol. Cela fait des dizaines d'années que les Grands Lacs font l'objet d'une pêche excessive. La pollution et la surexploitation ont eu des effets néfastes sur les habitats des poissons, même dans les secteurs qui ne sont pas très pollués et où la vie aquatique prospère. Enfin, l'introduction d'espèces exotiques, qu'elle soit fortuite à cause de l'augmentation du trafic international dans les voies navigables ou délibérée pour dynamiser la pêche sportive, a décimé les populations indigènes d'organismes aquatiques. Sur les 12 ou 13 populations distinctes de touladis endémiques au lac Supérieur, il en reste à peine 2 ou 3. Cet exemple illustre la difficulté qu'il y a à isoler les différents facteurs d'agression qui s'exerce sur un système et à déterminer la cause du déclin de la biodiversité dans les Grands Lacs.

 

Statistiques sur la population du Québec et du Canada

La population actuelle du Canada se chiffre à 30,3 millions d'habitants et celle du Québec, à 7,4 millions. Entre 1993 et 1997, la population du Québec a augmenté de 2 %, soit moins de la moitié du taux national de 4,6 %.

Cela donne au Québec un taux de croissance annuel moyen de 0,6 %, ce qui signifie que d'ici 2010, il y aura plus de 8 millions d'habitants au Québec, et plus de 10 millions d'ici 2050. D'après ces chiffres, il est facile de comprendre que même si nous ne consommons pas plus de ressources par personne aujourd'hui, nous aurons besoin de plus de ressources pour subvenir aux besoins du plus grand nombre de personnes qui vivront dans cette province. (Statistique Canada, CANSIM, Matrices 6367-6379)

Les conséquences de la surpopulation et de la surconsommation ne se font pas seulement sentir à l'échelle locale ou nationale. La pollution provenant d'une région peut avoir des effets néfastes sur l'atmosphère, l'eau, la végétation ou les animaux d'une autre région. L'effet des variations mondiales de CO2, la perte de biodiversité et la pollution marine ne connaissent pas de limites politiques et en définitive, touchent toute la planète. (Statistique Canada, 1994)

 

 

L'activité humaine et ses effets sur la biodiversité

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Effets

Suppression et altération des habitats

La fragmentation des habitats désigne la disparition et la subdivision d'un habitat et l'augmentation correspondanteAltération des habitats d'autres habitats dans le paysage. La conversion des habitats est la plus grosse menace qui pèse sur la biodiversité au Canada, étant donné que la quasi totalité de l'activité humaine provoque des altérations plus ou moins graves du milieu naturel (voir tableau). La biodiversité de près de 10 % des écorégions du Canada est menacée à cause de la disparition d'habitats.

La conversion des terres à l'agriculture dans les Prairies a provoqué la disparition de 87 % de l'habitat des prairies à graminées courtes, de 81 % de l'habitat des prairies à graminées mixtes indigènes, de la quasi totalité de l'habitat des prairies à graminées hautes et de 84 % de l'habitat des forêts-parcs à trembles indigènes. Malheureusement, l'augmentation de la demande de produits alimentaires se traduit par une accélération du taux de conversion en terres arables des terres qui ont une valeur agricole modeste. Dans les parties du Canada colonisées, 90 % des milieux humides ont été drainés. Cela fait planer une grave menace sur la biodiversité quand on connaît la richesse exceptionnelle en espèces de ces habitats. (RCIB, 1998)

Les mauvaises pratiques agricoles ont également pour effet de dégrader la qualité des sols et de favoriser la déperdition de la couche arable. De plus, l'agriculture a provoqué la diminution locale et la disparition d'espèces fauniques qui se rattachent aux terres agricoles (comme les oiseaux des prairies et des arbustaies, les insectes sauvages pollinisateurs).

Conséquences de la fragmentation des habitats sur les processus à la base de la biodiversité: La fragmentation des habitats ne touche pas seulement les espèces, mais également les processus à la base de la biodiversité. En vertu de la fragmentation des habitats, d'importantes populations sont divisées en îlots plus petits qui peuvent être isolés les uns des autres. Il se peut que ces sous-populations soient trop restreintes pour survivre ou, en cas d'extinction locale d'une espèce, la fragmentation élimine toute possibilité de repopulation car il n'existe plus de population intacte à proximité. (RCIB, 1998)

 

Surexploitation/sur-récolte

Après la disparition des habitats, c'est la surexploitation qui a eu les conséquences les plus profondes sur la biodiversité. De fait, la surexploitation et la disparition des habitats surviennent simultanément, car l'élimination d'un organisme de son environnement peut avoir des effets irréversibles sur l'environnement proprement dit.

L'être humain a toujours exploité les espèces végétales et animales pour maximiser ses bénéfices à court terme, aux dépens de la durabilité de l'espèce ou de la population. Cette exploitation suit un mode prévisible : pour commencer, une espèce récolté dans la nature permet de dégager des bénéfices intéressants, ce qui incite plus de gens à se lancer dans sa récolte. Cette concurrence accrue favorise la mise au point de méthodes de récolte plus efficaces et à plus grande échelle, ce qui finit immanquablement par décimer la ressource. En définitive, on érige des systèmes de quotas, ce qui aboutit à une concurrence accrue, diminue les gains et oblige le gouvernement à verser des aides aux entreprises de récolte. On a pu observer cette séquence de phénomènes dans l'industrie de la pêche (où elle se produit actuellement), dans le secteur forestier et le pâturage du bétail sur les terres publics. Les conséquences sur la ressource sont toujours les mêmes : effondrement des populations, qui peut parfois aboutir à leur disparition totale.

Statistiques

Le problème qui se rattache à l'exploitation des ressources biologiques survient lorsque le rythme d'augmentation de la demande de la ressource dépasse de loin le taux de reproduction de la population (la demande dépasse l'offre), ce qui augmente sa valeur, incite à l'extraire et peut finir par causer son effondrement. C'est le sort qu'ont connu les baleines, les éléphants, les félins mouchetés, la morue, les vieilles forêts, le ginseng, les perroquets, le thon et les pigeons voyageurs, pour ne nommer qu'eux.

La non-durabilité des ressources biologiques a trois grandes causes : a) trop de gens qui veulent récolter la ressource; b) le désir des gens de vouloir dégager des bénéfices à court terme et leur méconnaissance de l'écologie des espèces; et c) l'évolution biologique des populations récoltées.

 

Pollution

Eau
La majeure partie de la population du Québec (98 %) et de l'activité humaine est concentrée dans le bassin hydrographique du Saint-Laurent. Tout au long du XXe siècle, la détérioration du Saint-Laurent est allée de pair avec les progrès technologiques et l'urbanisation, ce qui n'a pas été sans conséquences. La pollution désigne l'ajout de substances généralement absentes ou présentes en concentrations très différentes, et peut être attribuable aux éléments suivants:

rejets de substances toxiques: cela englobe le métaux, les produits chimiques organiques et les sédiments en suspension que l'on trouve généralement dans les effluents industriels et municipaux qui sont rejetés directement dans les cours d'eau. Les rejets de substances toxiques peuvent avoir un effet néfaste sur le biote (organismes vivants) d'un écosystème en le tuant, en l'affaiblissant ou en l'empêchant de remplir ses fonctions biologiques essentielles (alimentation, reproduction, etc.)

contamination bactérienne: par exemple, les colibacilles fécaux provenant des déchets humains sont présents dans les rejets d'effluents municipaux. L'eau potable est traitée pour détruire les colibacilles fécaux qui peuvent rendre les gens malades s'ils sont ingérés.

accumulation d'éléments nutritifs: les plus préoccupants sont le phosphore et l'azote qui proviennent souvent des engrais que l'on épand dans les champs cultivés. Ces éléments, présents à l'état naturel en très faibles concentrations, stimulent la croissance rapide des algues et des plantes aquatiques, et restreignent en définitive la quantité d'oxygène et de lumière que peuvent assimiler les autres organismes de l'écosystème. Par ailleurs, les milieux aquatiques peuvent être détériorés par l'altération des habitats et la présence d'espèces exotiques, deux phénomènes qui sont également abordés dans cette partie du site Web.

Atmosphère

Pluies acides
Les précipitations acides sont le polluant atmosphérique qui a l'effet le plus dévastateur sur la biodiversité au Canada. En dépit de lois visant à réduire les pluies acides et les charges acides, on prévoit la mort de poissons, de mollusques et d'amphibiens dans des milliers de lacs car ils ne seront pas en mesure de survivre dans un milieu acidifié. La situation est particulièrement préoccupante dans la région du Bouclier canadien du Québec, dont les innombrables lacs sont vulnérables à l'acidification vu que leurs bassins de drainage ne peuvent pas neutraliser les apports acides de la même manière que les régions du Québec plus méridionales. (RCIB, 1998)

 

 

Introduction d'espèces exotiques

La menace que font planer les espèces exotiques sur les habitats naturels peut être subdivisée en six catégories:

altération des habitats: cet impact sur la biodiversité est analysé plus haut.

prédation: l'introduction d'un prédateur auquel les organismes n'ont jamais été exposés au préalable peut avoir des effets dévastateurs sur la chaîne alimentaire. L'exemple le mieux connu dans le réseau fluvial des Grands Lacs-Saint-Laurent a été l'introduction de la lamproie (Petromyzon marinus) qui, associée à une surexploitation, a littéralement décimé les populations de touladis dans le secteur supérieur des Grands Lacs vers le milieu du XXe siècle.

concurrence: les espèces exotiques peuvent souvent rivaliser avec les espèces indigènes au chapitre de l'alimentation et de la conquête d'habitats, essentiellement parce qu'il n'existe aucun moyen local (maladie et prédateurs) pour contrôler leurs populations.

hybridation: comme nous l'avons vu plus haut, les barrières géographiques permettent de confiner les populations d'organismes génétiquement divers. L'introduction d'espèces exotiques, qu'elle ait été délibérée ou non, a entraîné l'hybridation d'espèces indigènes et exotiques, ce qui s'est traduit par un déclin des espèces indigènes. On estime que l'hybridation est responsable de l'extinction de 38 % des espèces de poissons nord-américaines.

maladies et parasites: les espèces de ravageurs introduites fortuitement dans une région sont l'exemple le plus spectaculaire des dégâts que les espèces exotiques peuvent causer aux espèces indigènes. Par exemple, c'est un coléoptère exotique qui a introduit la maladie hollandaise de l'orme, qui a décimé les ormes de toute l'Amérique du Nord.

homogénéisation des écosystèmes: tous les effets ci-dessus se combinent pour entraîner la baisse du nombre d'espèces indigènes dans un habitat et les remplacer par des espèces ubiquistes et ainsi entraîner l'homogénéisation régionale des écosystèmes. C'est ce qui se produit dans les milieux humides rares qui ont été envahis par une plante exotique, la salicaire (Lythrum salicarai), ou dans certains secteurs du Saint-Laurent où la moule zébrée (Dreissena polymorpha) a littéralement envahi l'écosystème, réduisant sérieusement la diversité des espèces de myes dans le fleuve. (Ricciardi, 1998; Miller, 1989)

L'introduction d'espèces peut être accidentelle, lorsque des organismes « s'introduisent » dans de nouveaux systèmes sur d'autres animaux ou des objets. Par exemple, on pense que la moule zébrée a été introduite dans la région des Grands Lacs dans l'eau de ballast de navires-citernes remontant le Saint-Laurent.

L'introduction accidentelle d'espèces peut également être le fait du manque d'éducation du public. Par exemple, le fait de se débarrasser de poissons d'aquarium ou d'utiliser dans son jardin des plantes d'ornementation exotiques dont les semences s'échappent dans les systèmes naturels multiplie les risques d'introduction d'espèces exotiques dans nos écosystèmes indigènes.

Exemples d'espèces introduites et leurs effets sur le Canada et le Québec

La maladie hollandaise de l'orme est un champignon qui est propagé par un coléoptère exotique qui s'est introduit au Canada sur des madriers d'orme importés d'Europe dans les années 1930. En à peine quelques dizaines d'années, la maladie hollandaise de l'orme s'est propagée sur tout le continent et a détruit jusqu'à 95 % des peuplements d'ormes en Amérique du Nord.

La salicaire (Lythrum salicaria) est une plante de marécage pérenne qui pousse dans les milieux humides Le salicaireensoleillés et dans d'autres habitats perturbés. Elle est originaire d'Eurasie et a été introduite accidentellement en Amérique du Nord il y a plus de 200 ans.

Comme elle n'a pas d'ennemis naturels sur ce continent, la salicaire s'est propagée dans les milieux humides de tout le nord-est des États-Unis et du Canada (en particulier au Québec, en Ontario et au Manitoba). Elle forme des peuplements denses capables de détruire des milieux humides fragiles en étouffant la végétation indigène qui tient lieu de source d'alimentation ou d'habitat aux espèces fauniques. La salicaire proprement dite n'a pratiquement aucune valeur pour la faune sur le plan de l'alimentation et de l'habitat et elle peut même menacer des espèces vulnérables des marais, comme la ketmie des marais (Hibiscus moscheutos), que le COSEPAC a désignée comme espèce en péril.

On investit beaucoup d'argent et de recherches pour tenter de juguler la propagation de la salicaire.

Cerf de Virginie.Cerf de Virginie C'est vers le milieu du XXe siècle que le cerf de Virginie a été introduit sur l'île d'Anticosti pour le plaisir des chasseurs. Compte tenu de l'absence de prédateurs et de conditions climatiques favorables, la population de cerfs de Virginie a littéralement explosé sur l'île, et ses effectifs (plus de 100 000 individus) menacent aujourd'hui la faune indigène de cette petite île qui mesure à peine 220 km de long sur 55 km de large.

 

Lamproie. La lamproie est un poisson parasitaire qui se fixe sur d'autres poissons et s'en nourrit. Courante des deux côtés de l'Atlantique, la lamproie est devenue un problème lorsque le canal Welland a été inauguré au début de ce siècle et que la lamproie s'est introduite dans le secteur supérieur des Grands Lacs. Son parasitisme a littéralement décimé des espèces de poissons revêtant une importance commerciale comme le touladi et le grand corégone. Le déclin de ces deux espèces n'est sans doute pas uniquement attribuable à la lamproie, même si les attaques de cette dernière a affaibli les poissons et les a rendus plus vulnérables à la prédation et à la maladie. On déploie des efforts constants pour tenter de limiter les populations de lamproies dans les Grands Lacs et le Saint-Laurent depuis les années 1960, mais il semble que leurs nombres n'aient guère changé depuis les années 1950.

La moule zébréeLa moule zébrée se fixe à toutes les espèces de mye que l'on trouve dans le Saint-Laurent et elle a décimé les populations de 5 des 8 espèces que l'on trouve dans ce fleuve. La moule zébrée a sans doute été introduite dans les Grands Lacs dans l'eau de ballast des navires-citernes en provenance de la région pontocaspienne et remontant la Voie maritime du Saint-Laurent.

Étourneau sansonnet : cet oiseau a été introduit en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle lorsque 50 couples reproducteurs ont été libérés dans Central Park à New York. L'étourneau sansonnet est devenu l'un des oiseaux les plus ubiquistes d'Amérique du Nord, se reproduisant partout au sud de l'écozone de la toundra. L'espèce réside dans son habitat toute l'année et réussit à chasser de nombreux oiseaux indigènes de leurs sites de nidification. Cela a provoqué une baisse de la diversité des oiseaux citadins en plus de créer des problèmes pour les agriculteurs en vertu des dégâts excessifs que cet oiseau inflige aux cultures. (Gaulthier et Aubry, 1996)

 

Changements climatiques

Les végétaux comme les animaux sont sensibles aux fluctuations des températures et du climat. Par le passé, le climat a subi des variations considérables sur de courtes échelles de temps. Les preuves que l'on trouve sur les fossiles et dans les études paléobiologiques nous apprennent que ces périodes de changements climatiques rapides sont associées à des phénomènes d'extinction massive.

Nous traversons actuellement une période de forte variabilité climatique. L'été 1988 a été le théâtre de l'une des pires sécheresses de toute l'histoire. Pratiquement tous les scientifiques s'entendent sur une chose : l'activité humaine a pour effet d'aggraver les conditions climatiques et d'accélérer le rythme de réchauffement de la planète. Cela résulte directement de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, comme le CO2 (dioxyde de carbone) et le CH4 (méthane), attribuables à la combustion des combustibles fossiles et à la combustion incomplète des gaz des véhicules.

De plus, le rejet de produits chimiques anthropiques comme les CFC (chlorofluorocarbones) dans l'atmosphère a appauvri la couche d'ozone stratosphérique qui entoure la Terre, laquelle protège notre planète contre les rayonnements ultraviolets nocifs. L'altération de l'intégrité de la couche d'ozone s'est traduite par une augmentation des rayonnements ultraviolets qui parviennent jusqu'à la surface de la Terre. (RCIB)

Quelles sont les conséquences des changements climatiques sur la biodiversité?

Quel impact le réchauffement de la planète et l'augmentation des rayonnements ultraviolets ont-ils sur la biodiversité? Les résultats ne sont pas concluants. Les preuves récentes incitent à croire que l'augmentation des rayons UV a endommagé certaines cultures agricoles ainsi que les organismes dans les milieux humides et les milieux côtiers. (RCIB)

Au Québec, les modèles de simulation informatique du réchauffement de la planète prédisent des variations de température de 2 à 6 ?C et une augmentation des précipitations sous forme de neige et de pluie. Les effets seront différents selon les zones de végétation : la toundra rétrécira sans doute moyennant une hausse des températures, tandis que les algues qui tiennent lieu de base au réseau trophique de beaucoup d'espèces fauniques risquent de disparaître à mesure que les températures de l'eau se réchauffent. Dans le sud, la zone des forêts décidues risque de s'agrandir, et la saison de croissance de se rallonger. Cependant, la hausse des températures de l'eau modifiera radicalement l'écologie des écosystèmes et des milieux humides d'eau douce, ce qui se traduira par une augmentation du phytoplancton, par des variations dans la distribution des invertébrés et des espèces de poissons et par la disparition d'espèces d'eau froide (comme le touladi).

Les études consacrées aux conséquences du réchauffement de la planète soulignent deux faits : les variations sont beaucoup plus rapides que par le passé, ce qui peut sérieusement menacer les communautés à croissance lente qui n'arrivent pas à s'adapter rapidement, et ce qui risque de rétrécir l'aire de répartition des végétaux qui ont besoin d'un environnement plus froid. Deuxièmement, le réchauffement de la planète risque d'accroître la fréquence des perturbations climatiques comme les feux, la maladies, les insectes, les tempêtes, etc. Comme nous le verrons à la section « Processus et principes de la biodiversité » les perturbations sont un processus essentiel au maintien de la biodiversité, et les variations des régimes de perturbation peuvent radicalement modifier la diversité d'une région. (MEF, Stratégie de mise en oeuvre au Québec)

 

 

Rapport entre l'activité humaine et les incidences sur la biodiversité

Au Québec, l'agriculture, la foresterie, le secteur manufacturier et l'urbanisation sont les principaux éléments de l'économie de la province qui ont un profond impact sur les secteurs naturels. À mesure qu'augmentent la population et la demande de biens, on risque d'assister à une multiplication des conflits entre le développement économique et la conservation d'écosystèmes vierges suffisamment importants pour assurer la durabilité des populations fauniques. (RCIB, 1998)

Pour calculer les coûts de fonctionnement de l'économie et préserver en même temps l'intégrité de l'environnement, il faut tenir compte des coûts de prévention de la pollution industrielle et de nettoyage de la pollution existante en plus des emplois créés par les industries tributaires des ressources, de la contribution de ces ressources au capital productif du Canada et de la capacité de cette industrie à être concurrentielle à l'échelle internationale. (Statistique Canada, 1994)

Le PIB du Québec en 1991 était d'environ 156 milliards de dollars, dont 70 % provenait de l'extraction des ressources primaires (agriculture, foresterie, pêche) et du secteur manufacturier. Il est manifeste que la prospérité économique du Québec est lourdement tributaire du secteur manufacturier et de l'exploitation des ressources. Près du quart de toute l'activité manufacturière canadienne est concentré au Québec, les principaux secteurs étant ceux du papier, des métaux primaires et de la transformation des aliments. Le Québec est par ailleurs un important producteur d'amiante, d'or, de minerai de fer et de cuivre.

Étant donné que le secteur manufacturier est lourdement tributaire de l'eau pour divers procédés de fabrication, la majeure partie des activités agricoles et manufacturières du Québec ont lieu le long des rives du Saint-Laurent, ce qui fait de la contamination de l'eau un problème majeur. En outre, en raison des quantités considérables d'hydroélectricité que consomment le secteur manufacturier et celui de l'exploitation des ressources, les déviations de cours d'eau (barrages hydro-électriques) sont un autre problème préoccupant pour l'environnement. (Statistique Canada, 1994)

Agriculture

L'agriculture a eu de profonds effets sur la biodiversité à cause de ses facteurs cumulatifs sur le paysage, particulièrement dans les régions méridionales du Canada. Au nombre de ces effets, mentionnons l'altération des habitats (conversion des forêts en terres agricoles destinées aux cultures et au pacage), l'introduction de ravageurs exotiques et la pollution due aux pesticides et aux engrais.

AgricultureIl se peut que l'agriculture contribue à conserver certaines espèces végétales, essentiellement en protégeant leurs habitats contre l'urbanisation. Cela est réalisable en vertu de processus de culture qui intègrent les espèces sauvages dans les paysages agricoles. (RCIB, 1998)

L'activité agricole procure des emplois à près de 124 000 Québécois et concentre plus de 3,5 milliards de dollars ou 2 % du PIB du Québec. (Statistique Canada, 1994)

L'agriculture a plus d'effets sur l'environnement que tout autre activité humaine à cause de l'altération des habitats qu'elle provoque et de l'ampleur géographique de cette altération. Parmi ces effets, mentionnons les variations des concentrations de CO2 dans l'atmosphère, les variations des stocks génétiques naturels, la modification des écosystèmes établis, l'introduction d'espèces exotiques et les modifications à grande échelle des systèmes de drainage qui perturbent les régimes d'inondations naturelles et accentuent l'érosion de la couche arable. (Statistique Canada, 1994)

Disparition d'habitats/espèces : La disparition d'habitats naturels attribuable à l'agriculture est importante : nous avons perdu plus de 85 % des prairies à graminées courtes, 80 % des prairies à graminées mixtes, 85 % des forêts-parcs à trembles et la quasi totalité des prairies indigènes à graminées longues. La disparition d'habitats, associée à la dépendance à l'égard de quelques graines de semences génétiquement modifiées à la place de cultures indigènes, explique qu'un nombre anormalement élevé d'espèces végétales et animales soient aujourd'hui en péril au Canada. (RCIB, 1992)

Érosion : L'érosion du sol est un problème agricole dû à l'élimination de la végétation naturelle d'une région. De ce fait, les eaux de surface ou les vents peuvent emporter la couche arable, riche en éléments nutritifs et en micro-organismes bénéfiques. Au Québec, on estime que 3,4 millions de tonnes de couche arable subissent l'érosion par l'eau chaque année. Le vent est un facteur négligeable au Québec, même s'il joue un rôle important dans l'érosion du sol dans les Prairies. L'érosion du sol a un effet direct sur la qualité des habitats, puisqu'elle dénude toute une région et la rend impropre à la croissance des végétaux qui en sont originaires. Par ailleurs, le sol affouillé se dépose dans les cours d'eau, ce qui a pour effet de détruire les habitats aquatiques fragiles. (Statistique Canada, 1994)

Pollution chimique : Tandis que le sol est emporté par l'eau, les pesticides et engrais que l'on épand abondamment sur les cultures commerciales de même que les déchets animaux sont emportés par les eaux de ruissellement. Au Québec en 1990-1991, 190 000 tonnes d'azote et 120 000 tonnes de phosphore ont été épandues sous forme d'engrais sur les terres agricoles ou étaient présents dans les déchets animaux. L'excédent d'éléments nutritifs qui pénètrent dans les lacs et les cours d'eau par les eaux de ruissellement peut contribuer à l'eutrophisation des milieux aquatiques, ce qui altère et dégrade la biodiversité des écosystèmes aquatiques. (Statistique Canada, 1994)

Au Québec, 34 000 km2 (2,5 % de la superficie totale) sont affectés à l'agriculture, essentiellement dans les basses-terres du Saint-Laurent, où le sol est le plus fertile et où l'on trouve la plus grande diversité de plantes indigènes au Québec, ce qui est cause d'éventuels conflits entre la conservation de la biodiversité et l'agriculture.

Environ 100 millions m3 d'eau par an sont nécessaires pour irriguer les cultures au Québec (2 % de la consommation totale d'eau de la province). Toutefois, l'irrigation n'est que la quatrième activité qui consomme le plus d'eau après la production d'énergie thermique, le secteur manufacturier et la consommation des municipalités.

L'agriculture est également tributaire des produits chimiques pour la fertilisation et les pesticides. En 1990, on a épandu près de 470 000 tonnes d'engrais commerciaux sur les cultures du Québec, soit 0,47 tonne par hectare de terre arable. En outre, on a consacré plus de 43 millions de dollars à l'achat de pesticides pour les cultures du Québec en 1990. L'épandage de pesticides et d'engrais a connu une hausse spectaculaire au Canada depuis plusieurs dizaines d'années, ce qui s'est traduit par une augmentation de la pollution de l'air, de l'eau et du sol de source diffuse. (Statistique Canada, 1994)

Pêche

La pêche et les activités connexes génèrent près de 89 millions de dollars par an (moins de 1 % du PIB) et emploient environ 10 000 Québécois. (Statistique Canada, l'activité humaine et l'environnement : un compendium de statistiques, p. 86, p. 30)

Même si la pêche ne joue pas un rôle majeur dans l'économie du Québec, elle a néanmoins de profondes répercussions sur la biodiversité. La pêche peut altérer les écosystèmes aquatiques par une surexploitation des populations, l'ajout d'éléments nutritifs (aquaculture), l'introduction d'espèces exotiques de poissons et d'invertébrés, l'altération des habitats et la pollution. (Thibault, p. 273)

On trouve au Canada près d'un millier d'espèces de poissons, dont 200 sont des espèces d'eau douce et le reste des espèces marines. À ce jour, 4 espèces canadiennes ont disparu de la planète, 2 ont disparu du Canada et 53 sont actuellement inscrites sur les listes du COSEPAC comme espèces en péril (voir section intitulée Efforts de conservation au Canada). La surpêche a joué un rôle appréciable dans le déclin et l'extinction de nombreuses espèces. Par exemple, la morue de l'Atlantique a été décimée par la surpêche tandis que le doré bleu, espèce rare endémique au lac Érié et présentant des caractéristiques écologiques exceptionnelles, a disparu pour cause de surpêche. La surpêche dans les provinces de l'Atlantique n'a pas seulement entraîné une diminution des stocks de poissons, mais une modification de la composition des communautés. Sur le banc Georges, entre 1963 et 1986, la proportion de morues dans les prises a régressé de 55 % à 11 % tandis que la proportion de « roussettes » passait de 2 % à 41 %. Pour ce qui est du saumon, du flétan et du hareng sur la côte du Pacifique, la surpêche est aggravé par la dégradation et la déperdition des frayères d'eau douce.

Au Québec, les prises marines se composent à environ 62 % de poissons démersaux (morue, aiglefin, turbot) et à 29 % de crustacés, pour des prises totales de 83 000 tonnes par an (selon les statistiques de 1991). Cela représente néanmoins une importante baisse de la biomasse des espèces de fond pêchées dans l'estuaire du Saint-Laurent entre 1981 et 1990. La baisse constante de la biomasse est attribuée essentiellement à la disparition et à la dégradation des habitats à cause de méthodes de pêche destructrices et en deuxième lieu, à cause de la pollution chimique provenant des centres urbains en amont.

L'aquaculture est une autre activité humaine qui compromet de plus en plus la biodiversité des poissons, principalement à cause du rejet accidentel de poissons en mauvaise santé ou de souches non indigènes qui se croisent avec des populations indigènes et qui diminuent leur aptitude et leur diversité génétique (l'hybridation est analysée plus en détail à la rubrique « Introduction d'espèces exotiques »). Par ailleurs, les déchets des établissements piscicoles représentent une source importante de charges d'éléments nutritifs qui dégradent souvent les habitats aquatiques vierges. (RCIB, 1992)

 

Foresterie

La valeur de la production forestière au ForestrieQuébec a dépassé 1 milliard de dollars en 1991 (1 % du PIB) et a créé plus de 80 000 emplois. Sur la superficie totale de forêts productives accessibles (>500 000 km2), 87 % appartiennent au gouvernement provincial et 12,5 % à des intérêts privés. Les forêts productives sont situées pour la plupart dans l'écozone de la forêt boréale, dans les régions du Saguenay-Lac Saint-Jean, de l'Abitibi-Témiscamingue et de la Côte Nord. (Statistique Canada, 1994; Thibault, p. 337)

Près de 2 400 kilomètres carrés de forêt ont été exploités en 1991, dont 81 % sous forme de coupes rases. À l'inverse, on a replanté moins de 1 000 kilomètres carrés. Malgré la baisse de l'importance de cette ressource pour l'économie nationale, les volumes de récolte ont augmenté depuis 25 ans. (Statistique Canada, 1994)

À l'instar de la pêche, la foresterie n'est pas l'un des principaux éléments du PIB du Québec, même si la façon dont elle est pratiquée fait planer de sérieuses menaces sur les écosystèmes forestiers. La coupe rase, mode d'exploitation qui prédomine au Québec, peut avoir des effets dévastateurs sur une région en supprimant les habitats fauniques, en provoquant l'érosion de la couche arable du sol riche en éléments nutritifs et en détruisant par envasement des écosystèmes aquatiques. La coupe rase n'altère pas seulement les habitats, elle élimine toute possibilité de rétablissement des habitats après une perturbation due à la récolte. La régénération du sol est un processus extrêmement lent. Les communautés d'arbres murs qui servent d'habitat à quantité d'espèces végétales et animales, peuvent mettre des dizaines d'années et même des siècles à se rétablir. Et advenant même que les frayères retrouvent leur état d'origine, il se peut qu'il n'y ait plus de populations de poissons pour les utiliser. Enfin, les chemins d'exploitation ont fragmenté l'écosystème et l'ont rendu vulnérable aux effets accessoires, comme les espèces exotiques tels que les oiseaux parasitaires et les plantes adventices qui prospèrent dans les habitats perturbés (sans oublier les êtres humains opportunistes).

La transformation des produits du bois par l'industrie des pâtes et papiers constitue également une importante source de pollution de l'eau et d'enrichissement organique des écosystèmes aquatiques.

 

Urbanisation

Entre 1871 et 1991,Urbanisation: Montréal la proportion de Canadiens vivant dans les centres urbains est passée de 19 % à 77 %, même si les centres urbains n'occupent que 0,7 % de la superficie totale du pays. Les centres urbains ont néanmoins pris une grande expansion depuis plusieurs décennies à leur périphérie (que l'on connaît sous l'appellation d'étalement des villes). Sur tous les centres urbains du Canada, seul Vancouver n'a pas connu cet étalement car la ville est coincée entre l'océan et les montagnes.

Soixante-dix-huit pour cent des habitants du Québec vivent dans des centres urbains. Dans les vingt ans qui se sont écoulés entre 1971 et 1991, la superficie totale de la communauté urbaine de Montréal est passée de 2 674 km2 à 3 509 km2, celle de Québec de 907 km2 à 3 150 km2, tandis que Sherbrooke et Trois-Rivières accédaient au statut de centres urbains. La majorité des grandes villes sont situées dans les basses-terres du Saint-Laurent, qui est une écozone très riche sur le plan biologique. Cela entraîne des conflits inévitables entre les efforts visant à conserver la biodiversité et le besoin de faire face à l'étalement des villes. (Statistique Canada, 1994)

Secteur manufacturier

Le secteur manufacturier est générateur du plus grand nombre d'emplois et il représente la part la plus importante du PIB du Québec. Ce secteur est à forte intensité d'énergie et d'eau et ses principaux effets sur la biodiversité sont la pollution de l'air, de l'eau et des sols. Il arrive que ces effets soient particulièrement graves : les PCB produits par ce secteur se sont accumulés et bioamplifiés dans les espèces fauniques et ont causé des tares de reproduction chez les animaux qui se nourrissent à un niveau élevé de la chaîne alimentaire, comme le balbuzard pêcheur et le faucon pèlerin. Les émissions de la fonderie d'Inco à Sudbury (Ontario) sont directement responsables d'une part significative des pluies acides qui ont décimé les écosystèmes terrestres et aquatiques de l'est de l'Amérique du Nord. Le rapport entre le secteur manufacturier et la pollution est par ailleurs analysé dans la section ci-dessus consacrée à la « Pollution ».

 

Mondialisation

La prolifération des traités commerciaux internationaux depuis plusieurs dizaines d'années a abouti à une hausse des mouvements mondiaux de marchandises. Même si la mondialisation proprement dite ne porte directement préjudice à l'environnement, certains paramètres des transports, notamment la navigation océanique, ont mis à rude épreuve les systèmes naturels en facilitant l'introduction d'espèces dans de nouveaux habitats, en introduisant des polluants dans les écosystèmes aquatiques et en altérant et en détruisant les habitats côtiers.

L'incidence la plus grave sur la mondialisation a été l'introduction d'espèces exotiques dans les habitats indigènes. Cela est principalement dû au rejet des eaux de ballast par les navires. Les navires remplissent leur ballast d'eau à leur point d'origine comme dispositif de stabilisation durant leur traversée des océans et rejettent ces eaux à la mer lorsqu'ils arrivent à destination. Ces eaux de ballast peuvent contenir de nombreux végétaux et animaux originaires d'autres parties du monde. Certains de ces organismes survivent à la traversée et prolifèrent dans les Grands Lacs et dans le Saint-Laurent et peuvent être extrêmement nuisibles aux espèces fauniques indigènes car ils n'ont pas de prédateurs naturels. Comme exemples d'espèces exotiques qui sont arrivées dans le Saint-Laurent de cette manière, il faut mentionner la moule zébrée et Bythotrephes caderstroemi. Le problème des espèces exotiques est analysé plus en détail à la section « Introduction d'espèces exotiques ».

L'augmentation du trafic maritime multiplie également les risques de déversements accidentels de substances qui présentent un risque pour la faune aquatique, comme le brut et les rejets d'hydrocarbures dans les écosystèmes aquatiques.

Étant donné que les ports sont indispensables à la navigation maritime, leur construction de même que le creusement et le dragage de chenaux nécessitent une modification et parfois la destruction des habitats côtiers. Par exemple, un chenal a été creusé au beau milieu du Saint-Laurent pour y créer la Voie maritime, permettant ainsi aux navires de haute mer de se rendre jusqu'aux Grands Lacs. Le dragage du Saint-Laurent a également fourni un nouveau vecteur d'introduction d'espèces exotiques. La lamproie, par exemple a eu accès à la région des Grands Lacs par le canal Welland et a réussi à s'établir et à décimer des populations d'espèces de poissons indigènes en l'espace de deux décennies.

 

 

 

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Partie 2 : Protection des espèces vs protection des paysages